La validation de nettoyage repose sur une question fondamentale : quelle quantité de résidu d'une substance du produit précédent peut-on tolérer dans le produit fini suivant ?

Cette notion semble simple. Mais sur quelle base scientifique fixer ce seuil ? La réponse a évolué significativement en trente ans, traversant trois générations de méthodes de calcul — et certaines pratiques encore en usage aujourd'hui sont devenues non conformes.

Qu'est-ce que le MACO ? Définition et paramètres communs

Définition

Le MACO (Maximum Allowable Carryover) est la quantité maximale de résidu de substance active du produit A — le produit fabriqué précédemment sur un équipement — qui peut être transférée dans un lot du produit B, sans risque pour la santé du patient recevant le produit B.

En pratique : si votre site fabrique successivement du parexcelatol puis du flexovexol sur la même ligne de production, le MACO vous indique combien de milligrammes de résidu de parexcelatol sont acceptables dans le lot d'flexovexol. Ce calcul s'effectue pour chaque couple produit A → produit B dans votre portefeuille.

MACO ≠ critère d'acceptation. Le MACO est une quantité absolue (en mg par exemple). Le critère d'acceptation (ARL pour Acceptance Residue Limit) sur surface (µg/cm²) s'en déduit dans un second temps, en divisant le MACO par la surface partagée.

Paramètres communs aux trois formules

Quelle que soit la formule utilisée, deux paramètres du produit B entrent toujours dans le calcul :

ParamètreSigleDéfinitionPourquoi ce choix ?
Smallest Batch Size du produit B SBS(B) Plus petite taille de lot du produit B (mg) Conservateur : un lot plus petit concentre davantage le résidu par unité de dose
Largest Daily Dose du produit B LDD(B) Plus grande dose journalière administrée du produit B (mg/jour) Conservateur : le patient à la dose maximale est le plus exposé au résidu

Ces deux paramètres représentent le worst case côté patient : le lot le plus petit et la dose la plus élevée. Cela garantit que le MACO protège même les patients les plus à risque d'exposition.

Formule 1 — La règle empirique des 10 ppm

Contexte et naissance de la règle

Dans les années 1990, l'industrie pharmaceutique ne disposait pas encore de cadre réglementaire harmonisé pour la validation de nettoyage. Les inspecteurs de la FDA devaient évaluer la propreté des équipements sans référentiel de calcul partagé.

C'est dans ce contexte que le FDA Guide to Inspections of Pharmaceutical Quality Control Laboratories (1993) introduit une notion pragmatique : limiter les résidus à 10 ppm (parties par million) dans le produit suivant. L'idée sous-jacente est simple — si un résidu ne représente pas plus d'un dix-millionième du produit fabriqué ensuite, il est jugé acceptable du point de vue de la dilution.

Cette règle a ensuite été reprise et formalisée dans le guide PIC/S PI 006 (Recommendation on Cleaning Validation), qui demeure l'un des textes de référence principaux pour la validation nettoyage dans les pays membres de la PIC/S, dont la France via l'ANSM.

Sources réglementaires

La formule

MACO (mg) = 10 × 10⁻⁶ × SBS(B) (mg)
  • SBS(B) = Smallest Batch Size du produit B (mg) — plus petite taille de lot du produit suivant

Cette formule s'exprime aussi en unités de masse : le résidu de A ne doit pas dépasser 10 mg par kg de produit B fabriqué.

Exemple chiffré

Soit un produit B dont SBS(B) = 100 kg = 100 000 000 mg.

MACO = 10 × 10⁻⁶ × 100 000 000 mg = 1 000 mg = 1 g

La règle des 10 ppm autorise 1 gramme de résidu du produit A dans un lot de 100 kg du produit B.

Quand utiliser cette formule ?

  • Comme critère de vérification complémentaire — jamais comme critère unique
  • Applicable sans données cliniques ni toxicologiques
  • Utile pour détecter des incohérences dans les calculs issus d'autres formules

Limites et statut actuel

La règle des 10 ppm est fondamentalement arbitraire : 10 mg/kg d'un antibiotique bêta-lactamine hautement allergisant n'ont pas du tout la même signification clinique que 10 mg/kg d'un excipient standard. Pour un médicament hautement actif (hormone, anticancéreux, immunosuppresseur), cette limite peut être des dizaines de milliers de fois trop permissive.

La règle des 10 ppm ne peut plus être utilisée comme seul critère depuis la guideline EMA de 2014 et la révision de l'Annexe 15 EU GMP (2015). Elle reste acceptable comme critère de vérification complémentaire, mais ne peut pas à elle seule fonder les critères d'acceptation d'une étude de validation de nettoyage.

Formule 2 — L'approche par dose thérapeutique (mTD/SF)

Histoire et formalisation réglementaire

À la fin des années 1990, l'industrie pharmaceutique cherche à sortir de l'arbitraire des 10 ppm. Une approche plus rationnelle émerge : plutôt que limiter le résidu à une fraction arbitraire du produit suivant, on le rapporte à la dose minimale thérapeutique de la substance résiduelle elle-même.

Le principe : si la quantité de résidu de A ingérée par un patient dans sa dose de B est inférieure d'un facteur 1/100 à la dose minimale active de A, ce résidu est sans effet pharmacologique significatif.

Cette approche est formalisée dans le PIC/S PI 006-3 et dans l'ISPE Baseline Guide Vol. 7 Risk-MaPP (Risk-Based Manufacture of Pharmaceutical Products). Elle constitue l'approche dominante dans l'industrie pharmaceutique des années 2000 jusqu'à la publication de la guideline EMA en 2014.

Sources réglementaires

La formule

MACO (mg) = [ mTD(A) (mg/jour) × SBS(B) (mg) ] / [ LDD(B) (mg/jour) × SF(A) ]
  • mTD(A) = minimum Therapeutic Dose du produit A — plus petite dose cliniquement active (mg/jour)
  • SBS(B) = Smallest Batch Size du produit B (mg)
  • LDD(B) = Largest Daily Dose du produit B — plus grande dose journalière prescrite (mg/jour)
  • SF(A) = Safety Factor du produit A — facteur de sécurité basé sur la voie d'administration du produit A (sans unité)

Le facteur de sécurité (SF)

Sa valeur par défaut est 1/10 (soit 0,1%), telle que citée dans PIC/S PI 006. Le guide ISPE Risk-MaPP précise que SF(A) peut varier selon la voie d'administration du produit A :

Voie d'administration du produit ASF(A) recommandé (ISPE Risk-MaPP)
Topique1/10
Orale1/100
Parentérale1/1000
Ophtalmique1/1000
Produit d'investigation1/10000

Ces valeurs constituent des points de départ. La justification du SF retenu doit toujours être documentée dans le dossier de validation.

Exemple chiffré

Scénario : Produit A = parexcelatol, produit B = flexovexol, voies orales.

  • mTD(A) = 500 mg/jour (dose minimale thérapeutique du parexcelatol)
  • SBS(B) = 100 kg = 100 000 000 mg
  • LDD(B) = 2 400 mg/jour (dose journalière maximale du flexovexol)
  • SF(A) = 1/100 (voie orale du produit A)
MACO = (500 × 100 000 000) / (2 400 × 100) = 208 333 mg ≈ 208,3 g

L'approche mTD/SF autorise environ 208,3 grammes de résidu de parexcelatol dans un lot de 100 kg du flexovexol.

Avantages et limites

Avantages :

  • Basée sur une donnée clinique réelle et accessible (mTD publiée dans les monographies)
  • Plus protectrice que les 10 ppm pour les substances à forte activité pharmacologique
  • Largement acceptée par les autorités réglementaires comme critère complémentaire valide

Limites :

  • La mTD n'est pas toujours disponible ou clairement documentée
  • Ne capture pas la toxicité chronique, la génotoxicité ni la cancérogénicité
  • Insuffisante seule pour les produits API hautement actif (hormones, cytotoxiques, biologiques)
  • Doit être systématiquement complétée par l'approche HBEL/PDE

Formule 3 — L'approche HBEL/PDE (Health-Based Exposure Limit)

Histoire et émergence du concept

Le concept de PDE (Permitted Daily Exposure) est né dans le domaine de la chimie pharmaceutique avec la guideline ICH Q3C (1997), initialement conçue pour fixer les limites acceptables pour les solvants résiduels. L'idée centrale est puissante : établir une limite d'exposition journalière à partir du profil toxicologique complet d'une substance, en appliquant des facteurs d'ajustement scientifiquement justifiés.

Dans les années 2000 et 2010, plusieurs organisations — notamment l'ISPE avec le concept d'ADE (Acceptable Daily Exposure) — transposent cette approche à la validation de nettoyage.

La rupture réglementaire intervient en novembre 2014 avec la publication par l'EMA de la Guideline on setting health based exposure limits for use in risk identification in the manufacture of different medicinal products in shared facilities (EMA/CHMP/CVMP/SWP/463311/2013). La révision de l'EU GMP Annexe 15 (2015) le confirme dans le droit positif GMP.

Sources réglementaires

PDE ou ADE : deux noms, un seul concept

PDE (Permitted Daily Exposure) est la terminologie EMA/ICH Q3C. ADE (Acceptable Daily Exposure) est la terminologie ISPE/IPEC. Les deux désignent le même concept et sont interchangeables si calculés selon la même méthodologie. Dans un dossier européen, préférez PDE.

Comment est calculé le PDE ?

Le PDE est établi par un toxicologue qualifié à partir du profil toxicologique complet de la substance. Sa formule générique est :

PDE (mg/jour) = NOAEL (mg/kg/jour) × Poids (kg) / (F1 × F2 × F3 × F4 × F5)
  • NOAEL = No-Observable-Adverse-Effect Level — dose sans effet néfaste observable
  • F1 = facteur d'extrapolation inter-espèces (2 à 12 selon l'espèce)
  • F2 = variabilité intra-espèce humaine (généralement 10)
  • F3 = durée des études (1 si études chroniques, jusqu'à 10 si études courtes)
  • F4 = toxicité grave non réversible (1 à 10)
  • F5 = absence de NOAEL, utilisation du LOAEL (1 à 10)

Important : le calcul du PDE n'est pas réalisé par l'équipe de validation. Il est établi par un toxicologue certifié sur la base d'une revue exhaustive des données précliniques et cliniques disponibles. Ce document est référencé dans le dossier de validation comme justification scientifique de la limite HBEL.

La formule MACO HBEL/PDE

MACO (mg) = [ PDE(A) (mg/jour) × SBS(B) (mg) ] / LDD(B) (mg/jour)
  • PDE(A) = Permitted Daily Exposure du produit A (mg/jour) — établi par toxicologue
  • SBS(B) = Smallest Batch Size du produit B (mg)
  • LDD(B) = Largest Daily Dose du produit B (mg/jour)

Le facteur de sécurité SF n'apparaît pas explicitement dans cette formule : il est déjà intégré dans le calcul du PDE via les facteurs F1 à F5.

Exemple chiffré

Scénario : Produit A avec PDE(A) = 1,5 mg/jour. Produit B : SBS(B) = 100 kg = 100 000 000 mg, LDD(B) = 2 400 mg/jour.

MACO = (1,5 × 100 000 000) / 2 400 = 62 500 mg = 62,5 g

L'approche HBEL/PDE est aujourd'hui l'approche de référence obligatoire pour toute installation partagée, conformément à l'EU GMP Annexe 15 (2015) et à la guideline EMA (2014). Les approches mTD/SF et 10 ppm restent valides comme critères complémentaires, mais l'HBEL doit être calculé pour tous les produits concernés.

L'approche LD50 : une pratique non conforme à abandonner

Attention : l'utilisation de la DL50 comme base de calcul du MACO est explicitement rejetée par la guideline EMA (2014). Un dossier de validation nettoyage reposant sur cette approche sera considéré non conforme lors d'une inspection EMA, ANSM ou FDA.

Ce qu'était l'approche LD50

Avant la formalisation des approches cliniques et toxicologiques, certains laboratoires calculaient le MACO en s'appuyant sur la DL50 (LD50 en anglais — Lethal Dose 50% : dose tuant 50 % des animaux de laboratoire exposés).

La logique apparente : si la substance A est peu toxique (DL50 élevée), un résidu plus important peut être toléré. La formule approximative utilisée était du type :

⛔ APPROCHE NON CONFORME — ne pas utiliser
MACO ≈ LD50 × poids patient × facteur de conversion / LDD(B)

Pourquoi cette approche est interdite

La DL50 est une mesure de toxicité aiguë létale obtenue dans des études de courte durée sur des animaux. Elle ne reflète pas :

  • La toxicité chronique (effets à long terme d'une exposition répétée)
  • La génotoxicité et la cancérogénicité
  • La toxicité reproductive et sur le développement
  • Les effets sur des populations vulnérables (enfants, femmes enceintes, immunodéprimés)
  • La sensibilisation et les réactions allergiques (ex. bêta-lactamines)

La guideline EMA 2014 est explicite : les limites de sécurité doivent être établies à partir d'une évaluation toxicologique complète, réalisée par un toxicologue qualifié, intégrant toutes les données disponibles sur la substance. La DL50 seule n'est pas un fondement acceptable.

Que faire si vous utilisez encore l'approche LD50 ?

  1. Identifier toutes les études et critères d'acceptation basés sur LD50 dans votre portefeuille
  2. Faire établir un PDE/ADE par un toxicologue qualifié pour chaque substance concernée
  3. Recalculer tous les MACO et critères d'acceptation sur la base du PDE
  4. Mettre à jour les protocoles, rapports et dossiers de lot impactés
  5. Documenter la transition et sa justification dans votre système qualité

Tableau comparatif des trois formules

Les trois approches se complètent. Voici un résumé comparatif :

Critère 10 ppm Dose thérapeutique (mTD/SF) HBEL/PDE
Formule 10 × 10⁻⁶ × SBS(B) mTD(A) × SBS(B) / (LDD(B) × SF(A)) PDE(A) × SBS(B) / LDD(B)
Source principale FDA 1993, PIC/S PI 006 PIC/S PI 006, ISPE Risk-MaPP EMA 2014, EU GMP Annexe 15
Donnée clé requise Taille de lot uniquement mTD du produit A PDE établi par toxicologue
Tient compte de la toxicité Non Partiellement (dose active) Oui — profil complet
Adapté aux API hautement actif Non — trop permissif Insuffisant seul Oui — obligatoire
Statut réglementaire 2025 Critère complémentaire Critère complémentaire valide Obligatoire (installations partagées)

Quelle formule choisir — et dans quel ordre ?

Nouvelle installation vs. ligne historique : deux situations, deux logiques

La réponse dépend du contexte de votre programme de validation nettoyage :

ContexteApproche recommandée
Nouvelle installation ou nouveau produit L'approche HBEL/PDE est obligatoire et peut être utilisée seule comme critère de référence, conformément à l'EU GMP Annexe 15 (2015). mTD/SF et 10 ppm peuvent compléter mais ne sont pas requis.
Ligne de production historique avec validation existante Calculer les trois formules et retenir le MACO le plus bas comme valeur de référence. Cette approche conservatrice couvre les études existantes et limite le risque réglementaire lors d'une inspection.

Règles complémentaires

  • Le MACO calculé s'exprime pour la direction A → B. Calculer séparément B → A si la séquence peut s'inverser.
  • Revoir les MACO lors de tout changement de formule, de taille de lot ou de données thérapeutiques ou toxicologiques.

Exemples chiffrés comparés : même scénario, trois formules

Deux scénarios contrastés montrent comment les trois formules peuvent diverger significativement selon le profil du produit A.

Scénario 1 — Produit A standard (parexcelatol)

Paramètres :

  • Produit A (parexcelatol) : mTD(A) = 500 mg/jour, PDE(A) = 1,5 mg/jour, voie orale, SF(A) = 1/100
  • Produit B (flexovexol) : LDD(B) = 2 400 mg/jour, SBS(B) = 100 kg = 100 000 000 mg
FormuleCalculMACO
10 ppm10⁻⁵ × 100 000 000 mg1 000 mg
mTD/SF(500 × 100 000 000) / (2 400 × 100)208 333 mg
HBEL/PDE(1,5 × 100 000 000) / 2 40062 500 mg

Résultat : La règle des 10 ppm est la plus restrictive (1 000 mg). Pour le parexcelatol — substance à forte dose thérapeutique et PDE élevé — la limite des 10 ppm peut paradoxalement être le critère limitant.

Scénario 2 — Produit A : API hautement actif (hormone)

Paramètres :

  • Produit A (hormone, API hautement actif) : mTD(A) = 0,002 mg/jour, PDE(A) = 0,001 mg/jour, voie orale, SF(A) = 1/100
  • Produit B (flexovexol) : LDD(B) = 2 400 mg/jour, SBS(B) = 100 kg = 100 000 000 mg
FormuleCalculMACO
10 ppm10⁻⁵ × 100 000 000 mg1 000 mg
mTD/SF(0,002 × 100 000 000) / (2 400 × 100)0,833 mg
HBEL/PDE(0,001 × 100 000 000) / 2 40041,7 mg

Résultat : L'approche mTD/SF est de loin la plus restrictive (0,833 mg). La règle des 10 ppm (1 000 mg) serait 1 200× trop permissive — une aberration pour un API hautement actif.

Ces deux scénarios démontrent pourquoi il faut prendre du recul sur les formules de calcul à appliquer : il n'existe pas de formule universellement la plus conservative. La valeur la plus restrictive dépend du profil spécifique de chaque couple produit A / produit B. Il n'existe pas de méthode universelle qui convient à tous les coups et qui consisterait à prendre en compte les 3 approches de calculs quoi qu'il arrive

Questions fréquentes

Quelle formule MACO est obligatoire en 2025 ?

L'approche HBEL/PDE est obligatoire pour toute installation partagée depuis la révision de l'EU GMP Annexe 15 (2015) et la guideline EMA (2014). Cependant les autorités s'attendent parfois que les trois formules soient calculées et que le critère le plus restrictif soit retenu. Les approches mTD/SF et 10 ppm sont valides comme critères complémentaires mais ne remplacent pas l'HBEL/PDE.

Peut-on encore utiliser la règle des 10 ppm ?

Oui, mais uniquement comme critère de vérification complémentaire. Utilisée seule, la règle des 10 ppm n'est plus acceptable comme unique base de calcul des critères d'acceptation depuis 2015. Elle reste utile pour détecter des incohérences ou comme filet de sécurité additionnel.

Quelle est la différence entre PDE et ADE ?

PDE (Permitted Daily Exposure) et ADE (Acceptable Daily Exposure) désignent le même concept. PDE est la terminologie EMA/ICH Q3C ; ADE est la terminologie ISPE. Les deux sont interchangeables si calculés selon la même méthodologie toxicologique. Dans un dossier soumis à une autorité européenne, préférez le terme PDE.

Qui peut calculer un PDE/ADE ?

Le PDE doit être établi par un toxicologue qualifié avec une formation en toxicologie réglementaire et une expérience dans l'évaluation des risques pharmaceutiques. Ce n'est pas un calcul que l'équipe de validation réalise de manière autonome. Des prestataires spécialisés proposent ce service pour les substances sans PDE publié.

MACO et critère d'acceptation (ARL) : quelle différence ?

Le MACO est une quantité absolue de résidu (en mg). Le critère d'acceptation est la valeur mesurable sur le terrain : en µg/cm² lors d'écouvillonnage, ou en µg/mL lors d'analyse de rinçage. On passe du MACO à l'ARL en le divisant par la surface partagée.

Le MACO doit-il être calculé dans les deux sens ?

Oui, si la séquence de fabrication peut s'inverser. MACO(A→B) et MACO(B→A) sont calculés séparément et peuvent différer significativement selon les profils des deux produits. En environnement multiproduit, c'est le MACO le plus bas de toutes les combinaisons qui définit le worst case.

Que faire si le PDE n'est pas disponible pour un produit ?

Utiliser mTD/SF et 10 ppm en attendant, tout en documentant l'absence de PDE et le plan d'action. Certaines bases de données (EMA, ECHA, monographies ICH) publient des HBEL/PDE pour les substances courantes. Pour les substances propriétaires, un toxicologue externe peut établir le PDE à partir des données disponibles dans la littérature et le dossier d'enregistrement.

L'approche LD50 est-elle encore acceptable ?

Non. L'utilisation de la DL50 comme base de calcul du MACO est explicitement rejetée par la guideline EMA (2014). Un dossier basé sur cette approche sera considéré non conforme lors d'une inspection EMA, ANSM ou FDA. Voir la section dédiée ci-dessus pour la procédure de mise en conformité.